mercredi 9 mai 2007


mardi 8 mai 2007

Vents, soufflez à crever vos joues, vents, faites rage ! Et vous, tornades et cataractes, jaillissez Jusqu’à noyer nos clochers et leurs coqs ! Feux sulfureux, plus prompts que la pensée, Avant-courriers de la foudre qui fend les chênes, Brûlez ma tête blanche ! Et toi, et toi, Ô tonnerre, ébranleur de tout ce qui est, Aplatis de ton choc l’énorme sphère du monde, Brise les moules de la Nature, détruis d’un coup Les germes qui produisent cet homme ingrat.

S.
"La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle. Mais, pour l'atteindre, il lui faut un outil. il lui faut un rabot, ou une charrue. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu'il dégage est universelle. De même l'avion, l'outil des lignes aériennes, mêle l'homme à tous les vieux problèmes.
J'ai toujours, devant les yeux, l'image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine.
Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d'une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait à sonder l'espace, on s'usait en calculs sur la nébuleuse d'Andromède. là, on s'aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. jusqu'aux plus discrets, celui du poète, de l'instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien de fenêtres fermées, combien d'étoiles éteintes, combien d'hommes endormis...
Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne." S-E

jeudi 19 avril 2007

"La forme qui a une opération découlant d'une de ses puissance ou vertus sans communication avec une matière, elle, possède l'être, et ce n'est pas seulement par l'intermédiaire du composé, comme les autres formes - au contraire, c'est le composé qui est grâce à son être à elle. Et c'est pourquoi, quand un composé est détruit, la forme qui est par lêtre du composé est détruite, alors que rien n'impose que la forme par l'être de laquelle est un composé (et non pas elle par l'être du composé) soit détruite lorsque ce composé est détruit."

T.d'A.

dimanche 8 avril 2007

"Le Teq Crew sommeille parfois pour d'obscures raisons de temps trop courts, de journées trop longues et de nuits trop rares, de montres qui s'emballent alors qu'on ne voudrait qu'une seule chose: qu'elles s'ammolissent et dégoulinent dans les assiettes, que la téquila attaque les mécanismes, enraye les aiguilles, que la canelle obstrue l'écran de contrôle, qu'une orange décapitée en quartiers par une hélice s'écrase sur le pare brise pour qu'enfin le temps dégringole. mais je crains que ce ne soit pas encore tout à fait popur sitôt." C.F.

« Je travaille avec mes propres impulsions nerveuses, rythmiques. C’est- la différence entre un poème selon une métrique bien définie, et suivre un mouvement physiologique pour parvenir à une forme qui peut avoir un nom, mais y arrive de façon organique plutôt que synthétique » A.G.

« Voilà comment je joue : je pars d’un point et je vais le plus loin possible. Mais, malheureusement, il ne m’arrive jamais de me perdre en chemin. Je dis malheureusement, car ça m’intéresserait vraiment de découvrir des voies que je ne soupçonne peut-être pas : mon phrasé n’et qu’un simple prolongement de mes idées musicales, et je suis heureux que ma technique me permette d’aller très loin dans ce domaine, mais je dois avouer que c’est toujours de façon fort consciente. Je « localise », c’est-à-dire que je pense toujours dans un espace donné : il m’arrive rarement de penser la totalité d’un solo, et fort brièvement je retourne toujours à la petite fraction de solo que je suis en train de jouer. Les harmonies sont devenues pour moi une sorte d’obsession, ce qui me donne l’impression de prendre la musique par l’autre bout de la lorgnette. » J.C.

vendredi 30 mars 2007

Et puis vint le matin, l'aube du temps, une
lueur lointaine, quelque chose qu'il faudrait se taire
pour le vivre dans sa dimension la plus pleine... Mais
il est difficile de se taire. Car il faut encore être
joyeux et s'accorder avec soi-même et ne pas retomber
en soi-même... C'est beau ; c'est puissant, cela
s'épanouit de l'intérieur, juste à l'accueillir, cela
déjà tellement difficile. rien n'est difficile, rien
que de ne pas manger de cailloux. Et se dire que c'est
difficle, cela déjà est "manger des cailloux"... et se
dire que "ne pas manger de cailloux surtout pas", cela
est cailloux. Car il faut respirer. Non crier, mais
chanter... non se concentrer, mais se laisser
porter... de cela j'aimerai plus parler que de la mer.
La mer, c'est autre chose ; la mer, c'est un projet,
c'est un lieu, c'est une expérience... Magique
souvent, et toujours lorsque tu quittes la mer, elle
continue de te porter, de te bercer... la mer. Un
flottement aigü, un projet du corps. Se libérer. Mais
moniteur : cela enchante, mais cela demande beaucoup
de temps, et permet moins de laisser le temps à la
mer. Alors la mer, un projet.

V.D.