dimanche 28 janvier 2007

Dans cet univers en vacances les actes chronométrés prennent une allure absurde. Seul Monsieur Hulot n'est jamais à l'heure nulle part, parce qu'il est seul à vivre la fluidité de ce temps où les autres s'acharnent à rétablir un ordre vide : celui que rythme le déclic de la porte battante du restaurant. Ils ne parviennent qu'à épaissir le temps, à l'image de ce tas de guimauve encore chaud s'étirant lentement à l'étale du confiseur et qui tourmente si fort Monsieur Hulot, Sisyphe de cette pâte à berlingot dont la chute dans la poussière renouvelle perpétuellement son imminence.

H.B.

vendredi 5 janvier 2007

Aux 5 Coins

Oser et faire du bruit

Tout est couleur mouvement explosion lumière

La vie fleurit aux fenêtres du soleil

Qui se fond dans ma bouche

Je suis mûr

Et je tombe translucide dans la rue

Tu parles, mon vieux

Je ne sais pas ouvrir les yeux ?

Bouche d’or

La poésie est un jeu

B.C.


VLADIMIR : est ce que j’ai dormi pendant que les autres souffraient ? Est ce que je dors en ce moment ? demain, quand je croirai me réveiller, que dirais-je de cette journée ? qu’avec Estragon, mon ami, à cet endroit, jusqu’à la tombée de la nuit, j’ai attendu Godot ? que Pozzo est passé, avec son porteur, et qu’il nous a parlé ? sans doute. Mais dans tout cela qu’y aura-t-il de vrai ? (Estragon, s’étant acharné en vain sur ses chaussures, s’est assoupi à nouveau. Vladimir le regarde.) Lui ne saur rien. Il parlera des coups qu’il a reçus et je lui donnerai une carotte. (un temps) a cheval sur une tombe et une naissance difficile. Du fond du trou, rêveusement, le fossoyeur applique ses fers. On a le temps de vieillir. L’air est plein de nos cris. (Il écoute) Mais l’habitude est une grande sourdine. (Il regarde Estragon) Moi aussi, un autre me regarde en se disant, il dort, il ne sait pas, qu’il dorme. (Un temps) Je ne peux pas continuer. (Un temps) Qu’est ce que j’ai dit ?

S.B., En attendant Godot