Et puis vint le matin, l'aube du temps, une
lueur lointaine, quelque chose qu'il faudrait se taire
pour le vivre dans sa dimension la plus pleine... Mais
il est difficile de se taire. Car il faut encore être
joyeux et s'accorder avec soi-même et ne pas retomber
en soi-même... C'est beau ; c'est puissant, cela
s'épanouit de l'intérieur, juste à l'accueillir, cela
déjà tellement difficile. rien n'est difficile, rien
que de ne pas manger de cailloux. Et se dire que c'est
difficle, cela déjà est "manger des cailloux"... et se
dire que "ne pas manger de cailloux surtout pas", cela
est cailloux. Car il faut respirer. Non crier, mais
chanter... non se concentrer, mais se laisser
porter... de cela j'aimerai plus parler que de la mer.
La mer, c'est autre chose ; la mer, c'est un projet,
c'est un lieu, c'est une expérience... Magique
souvent, et toujours lorsque tu quittes la mer, elle
continue de te porter, de te bercer... la mer. Un
flottement aigü, un projet du corps. Se libérer. Mais
moniteur : cela enchante, mais cela demande beaucoup
de temps, et permet moins de laisser le temps à la
mer. Alors la mer, un projet.
V.D.
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