dimanche 17 décembre 2006

J’ai le goût du risque. Je ne suis pas un homme de cabinet. Jamais je n’ai su résister à l’appel de l’inconnu. Ecrire est la chose la plus contraire à mon tempérament et je souffre comme un damné de rester enfermé entre quatre murs et de noircir du papier quand, dehors, la vie grouille, que j’entends la trompe des autos sur la route, le sifflet des locomotives, la sirène des paquebots, le ronronnement des moteurs d’avion et que je pense à des villes exotiques pleines de boutiques épatantes, à des pays perdus que je ne connais pas encore, à toutes les femmes que je pourrai rencontrer et avec qui je perdrais volontiers mon temps, aux hommes qui m’attendent peut-être, prêts à m’expliquer leur activité et à me faire gagner des tas, des tas d’argent.

Non vraiment, écrire c’est peut-être abdiquer. Et c’est pourquoi si la vie que je mène paraît à mes amis (qui m’ont fait une légende !) une des plus désordonnées qui soient, elle obéit néanmoins à une ligne de conduite qui est justement cet entraînement contre lequel je ne me défends pas et que je ne me lasse pas de subir de la part de l’imprévu : visite, lettre, câble, coup de téléphone, rencontre, qui m’arrachent à mes écritures.

B.C., La Vie Dangereuse, « La Femme Aimée »

3 commentaires:

Mithridate a dit…

Bonjour,

Est-ce que tu peux me donner les références précises d'où cela est tiré ? J'aime beaucoup, mais je n'arrive pas à trouver.

Merci...

Mithridate a dit…

sinon je t'ai linké ici :

http://antichambre.joueb.com/

Walter a dit…

je te laisse un message sur ton blog avec les références précise
bonjour à ma première participante